Flâneries

B e r j a l a n   d i   p a n t a i

Chacune de mes sorties est une aventure. Celle d’aujourd’hui ne déroge pas à la tradition. 

J’emprunte un sentier qui longe la mer houleuse, il sillonne entre de hautes herbes, tantôt s’arrête, bloqué par une branche que j’enjambe avec précaution, et reprend sa forme jusqu’au nouvel obstacle. 

Une brise légère chasse l’humidité et incommode moustiques et insectes volants. La ballade est agréable, je me détends, avance d’un pas sûr. De longues années me séparent de mes laborieuses vadrouilles en Malaisie. J’aime me sentir libre, hors de danger. Le site est magnifique, l’air est délicieux. L’odeur subtile d’arbres à fruits embaume et m’enivre. 

Je progresse à grandes enjambées vers la partie plus sauvage du parc, mes craintes redoutées refluent. Un voyant rouge s’allume quelque part dans un coin de mon cerveau.  Je perds un peu de mon assurance, ralenti le rythme, m’arrête pour mieux écouter. D’un œil averti, je fouille la végétation qui m’encercle, rien n’est visible ni audible. Je reprends ma marche d’un pas devenu incertain, la perte de confiance en moi s’installe. 

Cependant, la voie est libre, pourtant mon instinct me commande de faire demi-tour. 

Instant de bonheur Podek le jardinier

Soudain, mes yeux repèrent une anomalie, le temps qu’il faut à mon cerveau pour analyser ce qu’il voit et c’est l’affolement ! 

En toute logique je ne risque rien, mais la vue de ce spectacle me répugne, si je poursuis mon trajet, il me sera difficile de les éviter.

Un courage que je ne me connais pas force mes jambes à suivre ce chemin, je tente de contourner soigneusement le danger qui le bloque ! 

Ma curiosité a pris le dessus, je fixe la scène qui se déroule à quelques mètres de moi, le combat qui s’est livré peu de temps avant mon arrivée prends fin. 

Un énorme python en est le vainqueur, la victime est un varan de belle taille, imbriqué dans sa bouche distendue au maximum, y est prisonnier sans espoir de survie, je me demande même s’il vit encore, sa tête et une partie de son corps engloutie dans les entrailles du reptile. 

Mon regard ahuri capture ces clichés qui déjà, je le sais vont m’empoisonner mes nuits. 

Signer le glouton vorace 

Publié par

catherine-delmaslett

Artiste peintre francaise diplomée de l'ESAG-Pennighen (Académie julian) Habite en Malaisie